En Flandre et à Bruxelles, on assiste à la multiplication de petits boîtiers de comptage que l'on peut placer à sa fenêtre, et qui permettent de mesurer en continu le passage des piétons, vélos, voitures et véhicules lourds. Ces données "citoyennes" permettent de tirer des statistiques utiles, notamment sur l'impact récent du COVID en matière de mobilité.

Telraam (photo)

Ces boîtiers Telraam (développés par TMLeuven, Waanz.in et Mobiel21, grâce au soutien initial du programme Smart Mobility Belgium) sont peu onéreux (85 €) et faciles à placer chez soi.

Ils sont connectés à un réseau de compteurs intelligents du même type, et permettent de calculer, quasiment en temps réel, les passages devant chez soi. Ces résultats sont ensuite agglomérés et publiés sur une carte en ligne.

Face aux limites des systèmes de comptages vélo actuels, qu'ils soient manuels (donc ponctuels et avec beaucoup de main d'œuvre), ou qu'ils s'effectuent via des boucles à placer dans le sol (assez onéreuses), cette nouvelle façon de "compter" pourrait livrer plus facilement et sur un plus grand territoire des statistiques intéressantes.

En Flandre, on dénombre pas mal de boîtiers à Louvain, Courtrai, Anvers et Gand. Soit ces communes les mettent à disposition de citoyens volontaires, soit des collectifs de citoyens motivés, voire des particuliers, les achètent pour faire leurs propres comptages.

A l'étranger, le projet (connu sous le nom de WeCount) a essaimé à Madrid, Dublin, Cardif et Ljubljana. Il a même eu les honneurs d'être couvert par la BBC, selon laquelle ces données pourront être utilisés dans un certain nombre d'initiatives sur le thème de la vitesse, du bruit, de la pollution de l'air, de la sécurité ou des déplacements actifs. "Espérons que cela replace les citoyens au centre du débat dans ces problématiques".

Utile en période de crise

Si l'on se penche sur un graphique des comptages de Telraam pour la Flandre et Bruxelles, après les dix premières semaines de confinement, on constate que le vélo est le mode de transport qui a perdu le moins de terrain :

Telraam (graphique)

Les pics des jours fériés indiquent toutefois un usage plus récréatif.

Telraam - Schaerbeek

À Bruxelles, c'est sur la commune de Schaerbeek que l'on trouve le plus de ces boîtiers. Cela permet de voir la composition du trafic, et son évolution dans certaines rues stratégiques de la commune.

Petit détail qui a son importance aussi, Telraam peut mesurer la vitesse moyenne des véhicules. Ceci permet, par exemple, d'objectiver le ressenti de certains riverains en matière d'excès de vitesse. Ces données de mesure peuvent être consultées sur son site web.

Les limites de Telraam

Bien sûr, aucun système n'est parfait. Il y a des conditions pour que le petit boîtier puisse faire son job efficacement : être placé à plus de 3m de hauteur, vue dégagée, à moins de 15m de la rue, près d'une prise électrique et d'une borne wi-fi.

Telraam ne compte pas non plus quand il fait sombre et peut avoir du mal à distinguer un gros vélo cargo d'une voiture. De même, il n’y a pas 100% de précision sur les comptages effectués. A mettre, toutefois, en perspective avec le taux d'erreur (non nul) d'autres systèmes. Au final, ce qui est intéressant néanmoins, c'est la proportion pour chaque mode de déplacement, et son évolution au fil du temps.

Intéressé ? Contactez Telraam en tant que citoyen, ou persuadez votre commune de commander des boîtiers pour votre quartier !

Luc Goffinet

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